Compte Rendu Cadets
Pencran

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Challenge Harmonie Mutuelle, à Pencran :
Un garçon venu de Seine-et-Marne réveille les cadets bretons

Les cadets nous avaient habitués à un scénario soporifique. Ils accéléraient devant le podium, puis reprenaient leur balade cyclotouriste, en attendant le sprint final. Nous ne croyons pas que ce sont les responsables des clubs qui les ont incités à un tel comportement. Nous craignons qu’ils subissent l’influence de parents frileux, mais espérant que le fils tire le bon numéro sur la ligne d’arrivée. Et quand le verdict tombe, le vélo est vite remballé. « La Ronde qu’est-ce que c’est ? Mon fils n’y est pas ?... » Le cyclisme est pourtant une affaire de patience, comme souligne Yvon Pinvidic, l’ancien président de Landerneau. Il a vu des minimes et des cadets, régulièrement lâchés par le peloton, faire d’excellents seniors. Maurice le Guilloux, l’équipier emblématique de Bernard Hinault, fut dans ce cas (une seule place dans les vingt premiers pendant la période cadets-minimes).
A Pencran, c’est un garçon de Seine-et-Marne qui a brisé les codes, en s’évadant du peloton. Ce fut un magnifique éclair dans la grisaille, grisaille du temps, grisaille du scénario annoncé. Lilian Nomine appartient au club de Lagny-Poncarre, né de la fusion cycliste de deux communes, en 1997. Ce club enregistre une centaine de licenciés et organise 17 courses en 2017, ce qui prouve qu’il y a –heureusement- d’autres épreuves hors de la Bretagne. Ce garçon nous a donc enflammés. Lucas Morvan, de la Roue d’Or de Bégard a su réagir et l’a battu au sprint. La vie est souvent injuste. Pour rétablir la morale, il faudrait que l’exemple de Lilian soit une leçon que mettent en pratique nos cadets, lors des prochaines épreuves du Challenge Harmonie Mutuelle, et d’abord chez Jean André, à Plougonven-Coatélan. Et pourquoi les parents des jeunes coureurs ne leur enseigneraient-ils pas que la réussite dans le cyclisme se construit dans le temps ? Dans mes rêves, j’imagine même qu’ils ne se sauvent plus, comme des voleurs après leur forfait, dès que leur rejeton, « l’unique », a franchi la ligne d’arrivée. Mais qu’ils se rassurent, ce n’est qu’un rêve…
DK