Compte Rendu
Saint Jacques Guiclan

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L’avenir du cyclisme est en Bretagne

Hier, je fus infidèle à la Ronde. J’étais à Saint-Martin de Landelles, une commune entre Normandie et Bretagne, séparées par un petit pont de pierre. La foule m’a surpris. Elle était beaucoup plus nombreuse que dans mes prévisions. « Elle est bretonne » m’a soufflé un habitué des lieux. « Chez nous, il n’y a pas de spectateurs aux arrivées, il n’y a qu’en Bretagne… » confiait au micro de Daniel Mangeas, un ancien international de rugby, amoureux du vélo, venu de la région de Pau. J’avais donc un pied en Normandie, et pourtant c’est au Finistère, à Guiclan Saint-Jacques plus exactement, que je pensais, quand Laurent Pichon troisième de l’épreuve, renforçant sa place de leader de la Coupe de France, manifesta quelque amertume. Il regrettait que ces épreuves ne suscitent pas suffisamment l’envie de certains coureurs, et qu’ils ne sont présents que ponctuellement. C’est un bel aveu pour un garçon qui venait de frôler la victoire. Mais la participation de Bouhanni, deuxième du classement, aurait donné un relief différent à sa prestation et à cette manche de la Coupe de France.
A Saint-Jacques, la Ronde Finistérienne renouvelait son succès populaire. La victoire de Florian Cam honore le palmarès de l’épreuve. On chuchote qu’il possède l’étoffe d’un professionnel de qualité. David Chopin, sur lequel nous fondions quelque espérance pour la consolidation du maillot « or », s’est effondré. Se contentera-t-il d’une victoire comme l’an dernier ? Quant à Nicolas David, lauréat sans éclat de l’édition 2016, sa deuxième place est-elle un jalon pour des succès futurs ? Ou la régularité de Ludovic Poilvet finira-t-elle par être récompensée ?
Bien sûr, l’existence des courses par étapes de haute tenue sont indispensables. Qu’elles se situent sur le sol breton est un grand bonheur, car elles drainent un public exceptionnel et compétent. Ailleurs, le public n’existe pas, ou est d’une maigreur qui condamne le malade à moyen terme. C’est pour cela que nous craignons que disperser nos coureurs dans l’hexagone, multiplier les championnats sans grande signification, nuisent à la santé encore éclatante de notre cyclisme breton.
Après ces considérations, qui voudraient être des mises en garde, des appels aux dirigeants de la Fédération et aux coureurs, mais nul ne nous écoutera, c’est avec joie que nous attendons la prochaine étape de la Ronde à Plougonven-Coatélan. Il y a deux semaines à attendre. C’est peut-être long. Mon compagnon de voyage  en  la Normandie m’annonçait que Roscoff s’enthousiasme déjà de recevoir la Ronde Finistérienne, l’an prochain. En 2018, il y aura donc plus d’épreuves et moins de jours à patienter entre deux étapes. Nous ne pouvions achever ce billet sur une note pessimiste. « Vive le sport, vive le vélo » claironnait Gérard Holtz ». Nous nous contenterons de murmurer « Vive la Ronde, vive le vélo », en réaffirmant que l’avenir du cyclisme est d’abord en Bretagne et sans doute plus que dans les villes, dans les prés.
DK