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A Tréflez, paradis celtique, victoire d’un Ecossais : Stuart Balfour

Il est des jours où tout paraît enchantement, même les inconvénients apportent un charme supplémentaire. Le soleil, il est vrai, habillait de lumière les retrouvailles de Tréflez et de la Ronde Finistérienne, après une longue absence. La moissonneuse, qui a retardé le départ, nous a rappelé que nous étions au milieu des terres et non pas à Kéremma.  Bon, l’agriculteur aurait dû savoir que le circuit était réservé à une épreuve cycliste. C’était annoncé dans la presse. Mais qui lit les journaux aujourd’hui ? Ni les coureurs, ni les travailleurs, seuls les rescapés du mitan du vingtième siècle. Ces derniers étaient d’ailleurs en nombre pour le renouveau des festivités cyclistes à Tréflez. Ils n’ont pas été déçus.
Ce sont les coureurs qui ont rendu la course belle
Le calendrier cycliste, l’engagement des clubs dans les différentes compétitions officielles empêcheront des épreuves comme la Ronde de présenter un programme totalement homogène, épreuve après épreuve. Est-ce un bien, est-ce un mal ? A Tréflez, la redistribution des cartes a apporté un souffle revigorant. En l’absence des leaders affichés, la bataille nous est apparue encore plus belle. Le rythme élevé, près de 46 km à l’heure, était facilité par l’absence de côtes. S’il est usant au fil des tours, quand souffle le vent du nord-ouest, le long faux plat final n’est pas déterminant quand Eole est clément. C’était le cas hier. Ce sont les coureurs, ils étaient 75 au départ, qui par leur engagement, ont fait la course. Ce faux-plat a permis pourtant à Ludovic Poilvet de confirmer son maillot de meilleur grimpeur. Présent dans le wagon des 13 qui s’est envolé à mi-course, le sociétaire d’Hennebont se tient désormais en embuscade  pour la conquête du maillot or. Avec son bon sens de paysan et ses qualités, il apparaît comme un favori logique de la Ronde 2017. Sa participation constante, au cours des quatre étapes qui restent à disputer, peut lui apporter cette satisfaction. Ludovic Poilvet fait partie des tâcherons consciencieux du vélo. Nous n’en dirons pas autant de Julian Lino. Son titre de champion de Bretagne de poursuite individuelle, conquis la veille à Pordic, lui avait-il tourné la tête ? Arrêté au podium pendant un tour, après un incident mécanique, il sera exclu par les arbitres au 16ème passage. Au lieu de se tenir coi, à l’arrière du peloton, il avait mené la sarabande pendant trois tours, réduisant l’avance des hommes de tête, passant d’une minute trente à une cinquantaine de secondes. La perte imméritée de son beau maillot des espoirs expliquant son attitude, sans la justifier. Le garçon était en forme, le règlement le rendait impuissant.
Une course riche et ouverte dans sa diversité
Il n’y eut pas de pression d’équipes sur la course. La bonne échappée se dessina au bout d’une première partie qui écarta ceux qui ne purent soutenir la cadence infernale, à l’image d’un Julien Jégou, dont le retrait, et celui de quelques autres, surprirent. Les formations représentées en tête étaient diverses. Même l’équipe anglaise, engagée de dernière heure, avait délégué M Jackson. Messieurs les Anglais n’étaient pas que des faire-valoir, et R. Williams participait vigoureusement à la chasse, dans le groupe de contre-attaque. 
Qui allait donc vaincre à Tréflez ? Le remuant Mathieu Halléguen devait-il se contenter du maillot de meilleur animateur ? Anthony Kernéis, un revenant totalement retrouvé ne quittait pas la pointe du combat, comme Florian Market, très entreprenant en l’absence des chefs de file des Côtes-d’Armor-Marie Morin. Ce fut son coéquipier Stuart Balfour qui s’imposa, grâce à un coup de reins éblouissant. La victoire d’un Ecossais nous ravissait. Elle sonnait comme l’aubade d’un bagad. Il n’y en avait pas à l’entour du podium protocolaire. Mais la musique était dans les cœurs. Les nouvelles noces de Tréflez avec le vélo étaient une réussite. Faisons des vœux afin qu’elles continuent à avoir des lendemains qui chantent.
DK