Jean Yves léost

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Jean-Yves Léost : « Toujours prêt à rendre service »

Au cœur des années 50, la France s’éloignait de la deuxième guerre mondiale. Les trente glorieuses n’étaient qu’à leurs prémices, mais les hommes et les femmes travaillaient avec ardeur. Il manquait de beaucoup de choses encore, mais c’était le temps du bonheur. Jean-Yves Léost s’appliquait à l’école. Il obtiendra son CAP mécanicien, et ce Brevet d’Enseignement Industriel que tentent de remplacer les baccalauréats professionnels d’aujourd’hui. Le vélo était alors le sport roi. Jean-Yves, le fils du petit garagiste de Kérinou, signa une première licence de cadets au CC Lambézellec, alors le troisième club cycliste de Bretagne. Pendant deux ans, il se battit avec courage et  patience, deux de ses principales qualités, avant de participer au Premier Pas Dunlop, le championnat des débutants. Après s’être qualifié, lors de la sélection départementale à Brest, il fut retenu pour l’épreuve régionale à Saint-Renan. Dans la formation du CCL, le chef de file, c’était Jean-Louis Bihannic, qui allait frôler le titre de Champion de France du Premier Pas Dunlop. A Saint Renan, 150 coureurs prirent le départ, Jean-Yves se classa 40ème. Il persévéra une ou deux autres années, avant que l’incompatibilité avec les horaires professionnels, ses 18 mois de service militaire, mettent un terme à ses ambitions. Mais avait-il l’ambition de réussir dans le vélo ? Ce vrai modeste avoue : « Comme Perrig Quéméneur, à mon niveau bien entendu, j’aurais été essentiellement un équipier. Je connais Perrig, avec lequel j’ai eu des liens familiaux, et je souhaite qu’il réussisse à concrétiser sa carrière cycliste par une victoire. Ceci ne m’empêche pas de partager l’enthousiasme des Bretons pour Wawa, Warren Barguil.»
Du syndicalisme à la mutualité
La vie professionnelle de Jean-Yves se résumera à sa vie de garagiste, à Kérinou. Après avoir pris la succession de son père, il développera l’affaire, avant de la céder quand sonneront les 60 ans. Parallèlement, il s’investira auprès de la Mutuelle Action, devenu Prévadiès, avant de prendre le nom d’Harmonie Mutuelle. Au départ, ce fut un engagement syndical, tandis qu’aujourd’hui il défend la mutualité. Mais celui qui a toujours été réélu, tout au long des mutations successives, qui correspondent aux évolutions de la société, garde toujours le même sens du devoir : « Je suis toujours prêt à rendre service »… Une attitude que doit supporter la gracieuse Hélène, sa souriante compagne.
Au-delà de son activité au sein d’Harmonie Mutuelle, Jean-Yves préside depuis une bonne dizaine d’années L’UC Brestoise, le club organisateur de l’Essor Breton, après en avoir été le trésorier. Ce vieux club, qui s’appelait Le VC Brestois, puis l’AC Brestoise, possédait jadis parmi ses fleurons, la Flèche Finistérienne, chère à Jacques Beauvillain et à Michel Cann, ces disparus trop vite oubliés. C’est cette épreuve qui replaça Jean-Yves dans le monde du cyclisme, où sa maîtrise de la logistique est louée par tous.
Jean-Yves et le Challenge Harmonie Mutuelle
Comme son compère Yannick Bosson, Jean-Yves Léost est à pied d’œuvre, une heure et demie avant le départ de course des cadets, dans le cadre du Challenge Harmonie Mutuelle. Il s’agit de mettre en place les flammes, la tente-parapluie pour la remise des dossards, les colonnes gonflables qui ornent le point-grimpeur. Toute son attention est portée sur le bon fonctionnement de la sono et le gyrophare, et il n’a plus de temps de tergiverser, car il doit s’installer au volant de la voiture ouvreuse. La course s’élance. Jean-Yves respire. Il est satisfait que tout fonctionne, car il est très attaché à ce challenge : « c’est un merveilleux tremplin pour les jeunes. Des garçons comme David Gaudu ou Gaétan Billon en ont été les lauréats. .. D’autres se révéleront. Le Challenge Harmonie Mutuelle a fait ses preuves. Il ne fera que grandir… » Jean-Yves Léost sourit. Il est à l’aise au volant. Il a toujours aimé conduire. Il ne pense plus qu’il faudra démonter le matériel, le ranger dans la voiture. Ce sera pour plus tard. En attendant laissez-le savourer l’instant.
Daniel Kerh