Rétrospectives

Herman Conan le troisième larron

« Bien sûr, Alain, aucun problème ! Tu avais appelé mon père l’autre jour pour le même motif. Tu diras à ton Président qu’il peut compter sur ma présence le 15 aout à Plounéour-Trez où, après ce fort sympathique regroupement cycliste, j’enchaînerai avec la 8ème Etape de la Ronde ».

« Notre Comité vous en sait gré, mon cher Herman ! Vous avez certainement terminé la construction de votre maison car je vois avec grand plaisir votre nom apparaître à nouveau dans les classements. Et, avec votre travail, arrivez-vous à vous ménager des plages horaires pour l’entraînement ? ».

« J’exerce le métier de frigoriste dans cette charmante ville de Scaër où j’ai vu le jour voici trente ans déjà. Si, si, j’arrive à me débrouiller pour trouver du temps pour pédaler sur des parcours que je me suis concoctés ».

« Quand avez-vous gagné la Ronde, déjà ? » lui demandais-je, comme frappé d’une amnésie soudaine.

« En 2005 ! Elle restera à tout jamais gravée dans ma mémoire ! Ah, la Finale de Ploumoguer, quel pied ! J’avais déjà remarqué qu’à l’avant-dernière étape, à Briec, le leader Yannick Flochlay, trop occupé à pointer son dauphin Stéphane Simon, se désintéressait des autres coureurs. En embuscade, je profitais de l’aubaine en faisant coup double, l’étape et le Général, Yannick montait sur la seconde marche du podium et Stéphane sur la troisième. J’avais remporté aussi, sur cette 33ème Edition, l’épreuve d’Henvic devant Philippe Vaillant et Julien Kerouanton et également celle de Pleyben aux dépens de Frédéric Lubert et Fabrice Guianvarc’h. J’avais déjà triomphé en 2004 à Henvic et à Plonevez-du-Faou ».

« Quoi ? A Plonevez-Faou ? » M’exclamais-je, au comble de l’excitation ! « Vous l’avez donc vue, Herman ? ».

« Que dis-tu ? » s’étrangla de rire le fils à Jean-Louis « Une femme, dans le plus simple appareil, bronzant sur sa pelouse aux abords du circuit ! Si Jean-Yves Fichoux te l’a dit, c’est que c’est vrai, c’est un Monsieur digne de confiance ! Mais moi, je n’ai rien vu, je t’assure, j’avais le nez dans le guidon et je ne regardais pas ailleurs ! ».

« Vous devez commencer à collectionner les victoires, Herman ? ».

« Une soixantaine dont le Trophée Jean-Jacques Quéré en cette année bénite de 2005 ».

« Vous avez côtoyé des «  Personnages » sur la Ronde, lesquels vous viennent à l’esprit ? ». 

« Steven Le Vessier pour son courage, son panache  et Maxime Cornic pour son côté chambreur ».

« Votre poids vous pose-t-il problème, mon cher Herman ? ».

« Non, non, j’arrive à le stabiliser ! Je ne suis pas une asperge mais je me sens bien avec mes 70 Kg pour 1,72m ».

« D’après les coureurs de votre club, vous êtes un aussi bon chanteur que votre père, c’est dire ! ».

« N’exagérons rien ! Mais, en toute modestie, je ne me débrouille pas si mal que cela. Lors de l’Assemblée Générale du Club en 2005, je m’en souviens comme si c’était hier, j’avais fait un tabac en chantant ce couplet relatant ma double victoire « A Ploumoguer, pour la Finale/Flochlay, Simon jouèrent très mal/Conan partit donc en cavale/Plein d’espérance/Notre Jean-Louis au tableau noir/Traçait à son Herman hier soir/La bonne tactique pour les avoir/C’était la RON…ON…DE » Ah, tu ne connaissais pas ? Je te donnerai le texte complet quand je viendrai chez toi le 15 aout dans ta belle commune, cette perle de la Côte des Légendes ».

Alain Podeur membre du bureau de la Ronde

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