Rétrospectives

Rodolphe Henry ruine les espoirs de Dominique Le Bon

« Alain, bonsoir ! Rodolphe à l’appareil ! Tu m’as laissé un message tout à l’heure ».

« Exact, mon cher Rodolphe ! La Ronde Finistérienne a quarante ans cette année et Jean Paul Favé, le Président, veut fêter cet événement en rassemblant à Plounéour-Trez, le 15 aout, le maximum d’anciens lauréats. La 8ème étape de notre feuilleton estival se disputera ce jour-là dans cette superbe station balnéaire où j’ai vu le jour ».

Et pan ! La phrase que je voulais entendre arriva délicieusement à mon oreille « Alain, je viendrai, c’est sûr ! ». Après l’avoir remercié chaleureusement, je ne pus résister au plaisir de poser quelques questions à l’ancienne terreur des pelotons, à celui qui, naguère, sprintait bien plus vite que son ombre.

« Combien de victoires ornent votre glorieux palmarès ? » lançais-je à la « Fusée de Lanvaudan ».

« Un peu plus d’une centaine » me répondit-il le plus simplement du monde. Oui, oui, vous avez bien lu, Monsieur !

« L’une d’elles vous aurait marqué particulièrement ? ».

« Il y en a quelques unes mais j’aurai un faible pour celle où j’avais montré ma roue arrière, lors du Ruban Granitier Breton de l’époque, à Jeroen Blijlevens, la Torpille Néerlandaise. Il faut quand même savoir que ce sprinter étranger s’est enquillé par la suite 4 étapes du Tour de France, 5 du Tour d’Espagne et 2 du tour d’Italie ».

« En quelle année avez-vous gagné la Ronde ? »

« En 1996, j’avais 28 ans, Dominique Le Bon finissait 2ème et Pierre Henri Menthéour 3ème et j’éprouve une légitime fierté d’avoir porté le maillot jaune du début à la fin. Depuis l’origine de la Ronde en 1963, nous ne sommes que six à avoir réalisé cette prouesse : Marcel Flochlay sur 16 étapes, Jackez Lamour, Olivier Rio et moi-même sur 12 et, enfin, Jean-Paul Maho, Dominique Tulo et Hubert Graignic sur 6 épreuves. Le Bon n’avait jusqu’alors jamais réussi à épingler la Ronde et c’était sa dernière chance car il allait raccrocher. Il s’était décarcassé comme jamais en remportant trois étapes mais ma régularité tout au long de l’épreuve avait eu raison de sa ténacité. J’avais gagné la 1ère étape à Guilers devant François Urien et Roland Thomin. J’ai récidivé à la seconde épreuve sur les quais de Landerneau en devançant Stéphane Simon et François Urien ».

« Y avait-il des joyeux drilles à cette époque-là sur la Ronde ? ».

« J’en vois un particulièrement ! Le sacré Jackez Lamour, l’intarissable ! Et quel chanteur ! Johnny n’arrivait pas à sa cheville ! ».

« Quels coureurs vous ont le plus impressionné ? ».

« Dominique Le Bon et Pierre Henri Menthéour ! Ils ne s’avouaient jamais battus ces deux là ! Des sacrés clients ! ».

« Surveillez-vous votre poids, mon cher Rodolphe ? ».

« Oui ! Mais je n’ai pas bougé d’un poil ! Je pèse toujours 73 kg pour 1,76 m comme à l’époque où je courrais » répliqua l’ancien DTS de l’AC Lanester 56 qui vient de prendre une année sabbatique. « Au fait, Alain, le 15 Aout à Plounéour-Trez, il y aura un tour de vélo ? ».

« Suis-je bête ! J’avais oublié de vous préciser que les anciens vainqueurs de la Ronde rouleront sur le circuit en lever de rideau de la 8ème étape ! N’oubliez pas votre vélo, Rodolphe ! ».

« Tu peux compter sur moi, je serai présent ! ». En raccrochant, je poussais un » « Super » si sonore que ma femme, effarouchée, sursauta sur sa chaise et renversa sa tasse de café sur la moquette ! Véridique !

Alain Podeur membre du bureau de la Ronde

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