Rétrospectives

Jean-Jacques Lamour, la preuve par deux sur la Ronde

« Jackez Lamour, je me permets cette familiarité car tous les amoureux du vélo vous appellent ainsi en Bretagne, vous souvenez-vous de votre première victoire sur la Ronde Finistérienne ? ».

« Alors, là, Petit, je m’en souviens comme si c’était hier ! J’avais triomphé, lors de la 3ème étape à Saint-Jacques-en-Guiclan,  devant Yves Ravaleu et Paul Quentel. C’était en 1984, j’avais 22 ans à l’époque ».

« Vous avez courtisé la Belle sans discontinuer jusqu’en 1996. Vous l’avez séduite deux fois, est-ce bien vrai ? ».

« Tout à fait exact, mon grand ! En 1993 d’abord où je m’emparais du maillot jaune à l’avant-dernière étape de Briec pour le conserver à la Finale de Chateauneuf-du-Faou devant Jean louis Conan et Eric Jacob, du beau linge vraiment ! En 1994, je gagnais la 2ème étape à Kerfeunteun devant Michel Lallouet et Dominique Le Bon. J’enfilais le maillot OR pour ne plus le quitter jusqu’à la finale où je devançais Philippe Marzin et Arnaud Habasque de deux cents points ».

« Quel fut votre plus coriace adversaire ?

« En 1993, Michel Lallouet sans aucun doute mais, en se désistant sur l’étape de Briec, il m’ouvrait un boulevard pour la finale de Chateauneuf-du-Faou » précisa sans la moindre hésitation le vainqueur de l’Essor Breton 1984.

« Vous l’aviez provoqué, avouez-le Jackez, en lui fredonnant sur le podium d’Ergué-Gabéric alors qu’il portait le maillot de leader « (L) Alouette, gentille (L) Alouette, (L) Alouette, je te plumerai ».

« Mais c’est faux ! D’ailleurs je chante comme une casserole ! » Tenta de se justifier celui qui fut champion de France des Comités à Mazamet en 1986 avec ses potes Jean Louis Conan, Philippe Tranvaux et Thierry Quiviger ».

« Votre plus beau souvenir sur la Ronde en tant que coureur ?

« La 3ème mi-temps, la fête foraine  sur les tos-tos (auto-tampons) après l’étape, le repas avec les organisateurs ».

« Votre plus mauvais souvenir comme Membre du Comité dont vous êtes aujourd’hui une figure incontournable ?

« D’avoir dormi dans la même chambre que notre cuistot Jean-Luc à Plouhinec, il ronflait comme une locomotive ! ».

« Vous posiez fièrement dans la presse l’autre jour avec votre médaille du Travail. Où exercez-vous déjà ? ».

« Aux Etablissements Rolland, à Tréflévénez, au Service logistique et expédition des remorques, tu tombes de l’armoire ou quoi ? Tout le monde du vélo en Bretagne sait où je bosse » répliqua, faussement agacé, « Le Tracteur du Plateau » qui, avec cent-vingt-cinq victoires en 1ère catégorie, était rarement à la remorque des autres coureurs.

« Surveillez-vous votre poids, mon cher Jackez ? ».

« Ah ! Je l’attendais celle-là ! Quand je courais, mon poids de forme variait de 70 à 72 kg pour 1,78m. Aujourd’hui, ma ceinture abdominale a pris du muscle et je pèse…89 kg ! Je sais que, pour le 15 aout à Plounéour-Trez, il va falloir rectifier le tir si je ne veux pas passer pour un charlot par rapport aux anciens vainqueurs de la Ronde ».

« Faîtes-moi plaisir, Jean-Jacques Lamour, une bribe de chanson, s’il vous plaît, comme dans vos troisièmes mi-temps de naguère ! ». Contre toute attente, notre Jackez régional, en pensant à son épouse aux cheveux couleur des blés, s’exécuta d’une voix si gutturale que tous les chevreuils du Cranou durent se figer sur place et trembler comme des feuilles mortes « Je m’en vais revoir ma Blonde/Je m’en vais revoir ma Mie/Les questions sur la Ronde/Aujourd’hui sont finies ».

Alain Podeur membre du bureau de la Ronde

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