Rétrospectives

Jean Claude Largeau, le Cannibale Nantais

« Bonjour ! Je m’appelle Jean Claude Largeau, vous avez téléphoné chez moi tout à l’heure, j’étais absent ».

« Oui, oui ! C’était moi et veuillez m’excuser de ne pas avoir laissé de message, je n’étais pas sûr de frapper à la bonne porte. Je suis très content de vous entendre, Monsieur Largeau, car c’est bien vous que je voulais contacter et voici ce qui m’amène ». Quand j’eus terminé, il me répondit, débordant d’enthousiasme :

« Ah, la Ronde Finistérienne ! Que de souvenirs exaltants ! Monsieur Le Roy venait de relancer cette superbe épreuve et Rémi Madec, aujourd’hui Président de la Mi Aout en Bretagne, en était l’un des premiers sponsors. C’est gentil de ne pas m’avoir oublié et vous pouvez compter sur moi, je serai présent le 15 aout à …Comment dites-vous ?...Plounéour-Trez. En plus, il y aura quelques tours à rouler avec les anciens lauréats de la Ronde ! Excellente cette idée ! ».

« C’est super, notre Comité vous remercie infiniment. Sans être indiscret, que devenez-vous Monsieur Largeau ? ».

« J’ai d’abord travaillé en tant que commercial dans une entreprise de maisons individuelles et, ensuite, je me suis installé à mon compte comme agent immobilier à Nantes. J’ai soixante-trois ans et je profite de ma retraite depuis 2010 » me répondit en toute simplicité celui qui remporta le Grand Prix de France en 1970 à Saint Jean de Monts.

« Vous souvenez-vous de l’année de votre succès sur la Ronde ? ».

« Je suis incollable sur le sujet, mon cher Alain ! C’était en 1977, il y avait 16 étapes, j’en ai gagné 5 et je peux même les citer : Quéménéven, Cléder, Plogastel Saint-Germain, Plouvorn et Plonevez-du-Faou. J’avais pris le maillot dés la 1ère épreuve, je l’ai porté 15 fois et, grâce à la rente journalière, l’argent coulait à flots. Au classement final, Roland Gaucher pointait à la seconde place et Robert Trévaux à la troisième ». Jean-Claude, qui fut Pro de 1971 à 1975, m’épatait littéralement, il n’avait commis aucune erreur !

Durant votre carrière professionnelle, une anecdote savoureuse à signaler peut-être ?

« J’ai obtenu sur le Tour de France, en 1972 et 1973, le Prix de l’Amabilité ». Alors, là, total respect ! Chapeau Jean-Claude !

« Votre meilleur souvenir sur cette Ronde 1977 ? ».

« Le contre-la-montre de la dernière étape à Plonevez-du-Faou, long de 76 kms ! Je l’emportais de 17 secondes sur Claude Rouvrais et le troisième n’était autre que l’Anglais David Wells. Jean Paul Maho, très déçu, finissait 6è à 3’ ».

« Jean-Claude, vous qui, chez les Pros, avez empoché deux étapes au Tour du Portugal 1971, une autre au Tour de l’Indre-et-Loire 1972, le Grand Prix de Plouay 1973, quels coureurs vous ont impressionné sur la Ronde? ».

Aussi rapidement que Nono servant l’apéro, le Nantais aux 150 victoires répondit sans attendre « Gildas Le Menn, coriace à l’extrême, et Germain Guillaouic, la classe à l’état pur, qu’est-ce qu’il a pu me faire mal celui-là ! ».

« Vous surveillez votre poids, Jean-Claude ? Vous faites toujours un peu de vélo ? ».

« Vous rigolez Alain ! Depuis ma retraite, je pédale à bloc avec la foi d’un cadet. Je mesure 1,72 m et mon poids de forme naguère était de 66 kg, aujourd’hui j’en pèse 75. Mais vous verrez, pour le 15 aout, j’en aurai perdu 3 ou 4, foi de Finistérien ! Ah oui, j’avais oublié de vous dire, j’ai passé mon enfance à Quimper, j’ai habité en face de la gare, j’en ai vu passer des trains ! ». L’évocation de ces deux mots, gare et train, produisirent chez moi (cheminot en retraite) leur effet habituel sur ma dépendance à Richard Anthony, mon idole des années 1960. Je me mis à fredonner en sourdine « Et j’entends siffler le train/Et j’entends siffler le train/J’entendrai siffler ce train toute ma vie ». La voix de Jean-Claude me ramena à la réalité « A très bientôt, Alain, et merci d’avoir pensé à moi ».

« De rien, Jean-Claude, vous serez accueilli à bras ouverts dans notre coquette station balnéaire ».

Alain Podeur membre du bureau de la Ronde

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