Rétrospectives

Gildas Le Menn, l’Aigle de Ty-Végou

« Allo ! Bonjour ! Je voudrai parler à Gildas Le Menn, s’il vous plaît ! Je m’appelle Alain Podeur, le secrétaire de la Ronde Finistérienne ».

« C’est moi-même ! », me répondit une voix affable à l’autre bout du fil.

« J’espère ne pas empiéter sur votre temps, mon cher Gildas, mais je vous promets, je ne serai pas long et voici ce qui m’amène. La Ronde fête cette année son quarantième anniversaire et nous voulons réunir le 15 aout, lors de l’étape de Plounéour-Trez, un maximum d’anciens lauréats dont vous  faîtes partie. Il est même envisagé un petit rassemblement cycliste entre vous. Au fait, Gildas, que devenez-vous depuis votre retrait de la compétition ? ».

« Je travaille dans ma ferme située près du Menez-Quelerch, à Chateaulin. Cette bosse te dit quelque chose ? ».

« Et comment ! Quand je lis sur la route « Arrivée 500 mètres », j’ai les genoux qui font bravo, ma langue lèche le guidon, les lapins détalent en entendant ma respiration et  mon vélo se met à zigzaguer ! ».

« Pour venir chez moi, à Ty-Végou, cela grimpe encore plus ! », me rétorqua en souriant ce montagnard ailé qui fut Pro à La Redoute Motobécane en 1979 et 1980.

« Vous avez remporté une centaine de courses en 1ère catégorie où vous émargiez déjà dés l’âge de dix-huit ans mais vous souvenez-vous en quelle année vous fûtes vainqueur de la Ronde ? ».

Un bref silence s’ensuivit et la réponse fusa « En 1981 tout d’abord, Jean-Louis Conan et Jeannot Marhic m’accompagnaient sur le podium. J’avais raflé la 1ère étape à Quéménéven, pratiquement à domicile, devant Jean Pinault et Jean-Pierre Halléguen. La seconde fois, c’était en 1984, Michel Flochlay finissait second, le Père Conan troisième et je m’étais mis dans la poche mon épreuve fétiche, Kerfeunteun ».

« En dehors du travail très prenant à la ferme, avez-vous un passe-temps favori, mon cher Gildas ? ».

« Un peu de vélo, de la marche et je pèse 78 kilos alors qu’autrefois mon poids de forme était de 74 kilos, je ne me plains pas, cela pourrait être pire ! ».

« Quelqu’un de vos amis m’a confié que vous êtes un sacré chanteur ! Le confirmez-vous, Gildas ? ».

« C’est vrai qu’on me le rappelle sans cesse lors de repas entre copains et je balance à chaque fois « Le pardon du Kérango ». Pourquoi cette chanson ? J’avais gagné, en 1977 je crois, le fameux Circuit de la Plaine, si mal nommé tant il était escarpé, à Brest Kérangoff. Le regretté Jacques Beauvillain, Président de l’UC Brestoise à l’époque, lançait à fond la sono quand on gravissait la longue et terrible côte précédant l’arrivée et l’innombrable public massé sur les trottoirs reprenait en chœur cet  entrainant refrain « Marijeannic viens danser/Du Kérango, c’est la fête,/Au grand pardon tout s’apprête,/Nous allons nous amuser./Gai, gai, gai, gai, nous allons à la guinguette,/gai, gai, gai, gai, nous allons nous amuser ». J’avais adoré et, à ma demande, le Père Beauvillain m’avait fourni le texte, voilà le résultat ! ».

« Alors là ! Chapeau bas, aigle de Ty-Végou, quel incroyable talent non exploité ! » M’écriais-je, subjugué. « Bien entendu  nous comptons sur votre présence le 15 aout à Plounéour-trez, le public sera aux anges de vous voir gravir à une allure supersonique la côte de Peleuz qui ne sera pour vous qu’un vulgaire dos d’âne. Vous retrouverez ce jour-là plusieurs de vos copains d’antan dans les pelotons, n’oubliez pas…votre vélo et à très bientôt mon cher Gildas ».

« Je ferai tout mon possible pour être des vôtres » répondit avec conviction l’ancien cabri chateaulinois.

« Merci Gildas ! Mon président Jean-Paul Favé, après trois semaines au Vietnam, va voir ses yeux se débrider à l’annonce de cette bonne nouvelle ».

Alain Podeur membre du bureau de la Ronde  

accueil
précédente
suivante