Rétrospectives

Les adversaires de Camille sont passés à la casserole

« Allo ! Camille Massé à l’appareil ! Ah, c’est toi Alain ? Comment çà va depuis l’autre jour au Menez Meur à l’arrivée de l’Essor Breton ? Je te confirme que, en tant qu’ancien lauréat de la Ronde, je serai bien présent le 15 aout à Plounéour-Trez pour ce fameux rendez-vous dont tu m’as parlé ».

« Super ! Merci Camille ! Je n’ai que des oui pour l’instant ! Une question indiscrète, que faîtes-vous dans la vie ? ».

« Non, non, il n’y a pas de secret, je travaille à la Cuisine Centrale Quimpéroise et nous préparons chaque jour, mes collègues et moi, 5000 repas livrés principalement dans les écoles et les maisons de retraite » répondit-il avec un flegme un tantinet britannique.

« Combien de victoires à votre menu ? Oh pardon, excusez-moi, quel idiot suis-je ! Je voulais dire à votre palmarès ».

« Une petite cinquantaine mais gagner la Ronde signifie beaucoup pour moi car je côtoyais de sacrés clients, tels Dominique Le Bon, Philippe Dalibard, Pascal Churin, Jean-Louis Conan et bien d’autres ».

« Avez-vous souvenance, mon cher Camille, de l’année de votre victoire sur la Ronde ? ».

« Certes oui ! C’était en 1986, j’avais pris le maillot à l’avant-dernière étape à Langolen et je l’avais conservé à la Finale de Briec. Dominique Tulo, second, Gilles Héno, troisième, étaient, permets-moi l’expression, passés à la moulinette et je remportais également la 1ère place en 2ème Catégorie. J’avais failli récidiver en 1988, Eric Jacob ne me devançant au classement final que d’un malheureux petit point ! Sur la Ronde, c’est la régularité qui prime, il faut jouer placé et ne surgir qu’au moment opportun, à moins d’être au-dessus du lot, bien sûr ».

« Quel est le coureur qui vous a le plus marqué ? ».

« Michel Le Sourd, sans hésitation aucune ! Il était petit, oh pardon Alain, mais quelle force de la nature ! ».

« Avez-vous connu de joyeux drilles dans les pelotons de la Ronde ? ». Le Gouesnachais lâcha, à demi convaincu :

« Gérard Kerbrat peut-être ».

« Je vous ai observé l’autre jour au Menez Meur, vous prenez sûrement soin de votre ligne, Camille ? ».

« Je m’entretiens, je cours en pass’cyclisme, je pratique la natation, la course à pied et j’ai une passion folle pour le bowling. Je mesure 1,75 m et je pèse 68 kg alors que, dans mes belles années, mon poids de forme stagnait à 64 kg, je me maintiens, c’est formidable ». Envieux de sa stature d’athlète, je chuchotais, un brin jaloux « Il en a de la chance ! ».

« Stevan, votre fiston, m’a assuré que vous poussez régulièrement la chansonnette, prouvez-le, cher Camille ! ».

« Il ne faut quand même pas exagérer mais c’est vrai que , sous la douche ou même à l’entrainement, il m’arrive de me laisser aller et d’entonner un air qui me sied, celui-ci par exemple « A Plouider, en montant Kergoff/Sidaner, l’dynamitéro/Plaçait des mines avant le haut/Avec constance/Son pote Ménez fut le plus fort/Qui, sprintant tel un Fanch Larvor/Au jeune Massé régla le sort/C’était la RON…ON…DE ». « Tu gardes çà pour toi » rajouta, hilare, le Brassens de Gouesnac’h.

« Excellent ! Sublime ! Vous êtes cuisinier mais vous ne chantez  pas du tout comme une casserole ! » Lâchais-je, admiratif, votre voix de baryton m’a fait trembler d’émotion, si, si, sincèrement ! ».

Alain Podeur membre du bureau de la Ronde

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