Rétrospectives

Cyrille Massé perpétue la tradition familiale

« Non, non, Alain, je n’avais pas vu le message sur mon répondeur, je viens de rentrer à l’instant » répondit d’une voix toujours aussi courtoise le citoyen de Pluguffan. Quand je lui eus expliqué l’objet de mon coup de fil, Cyrille se mit à rire de bon cœur avant de me préciser « Moi aussi je fête mes 40 ans cette année, le 12 aout exactement ! Mais, ne t’inquiète pas, je serai dans ton pays le 15 aout, je travaille ce jour-là mais je me débrouillerai ».

« C’est super sympa, Cyrille, j’étais sûr de votre réponse. Au fait, vous exercez toujours ce noble métier de boulanger ? ».

« Eh oui, mon Petit ! Réveil matinal à 4h pour être au boulot à 5 h jusqu’à midi ou 13h, mais toujours aussi passionné ! » Rétorqua joyeusement le cycliste licencié à Leucémie Espoir Quimper.

« Combien de victoires dans votre escarcelle depuis le début de votre carrière, un paquet je présume ? ».

« 70 environ avec une pensée particulière pour cette étape remportée en 2008 au Tour du Sénégal. Je repense aussi avec beaucoup de nostalgie à celle conquise de haute lutte sur le Tour de Rhuys en 1993, j’avais alors 21 ans ».

« Vous vous rappelez sûrement de l’année de votre victoire sur la Ronde ? ».

« Trop fastoche ta question, Bonhomme ! C’était en 2008, le Père Pailler allait tirer sa révérence et j’avais devancé Jacques Kerneis, l’Eternel, et le pugnace Erwan Guianvarc’h. Je peux même te dire que, sous une pluie battante, les coureurs tombaient comme des quilles et je m’étais mis dans la poche la semi- nocturne de Quimper devant Yann Le Quéau et Tom Copeland ». Tel l’Inspecteur Colombo, je repris aussitôt en me tapotant le front :

« Mais c’est bien sûr ! Je comprends maintenant pourquoi tous vos potes, de Roland à Olivier sans oublier Benoît, Sébastien…vous surnomment Candéloro ! ». Un « Hein ? » incrédule à l’autre bout du fil me poussa à chantonner « Cyrille Massé le boulanger/A Quimper autour de l’Odet/Les a tous pétris, malaxés/Sans complaisance/On abandonne, çà glisse de trop/Clamaient Manach et Smith bien haut/On n’s’appelle pas Candéloro/C’était la RON…ON…DE ». Le licencié ès-critériums pouffa de rire et lança, faussement revanchard, à l’encontre de ses copains de toujours « Ils vont me payer çà ! Ah, les salopards ! ».

«  Vous conservez toujours autant de motivation, je vois régulièrement votre nom dans les classements ».

« J’émarge désormais en 2ème catégorie, cela me permet de découvrir des circuits qui m’étaient jusqu’alors inconnus ».

« Quels coureurs vous ont impressionné sur ce rendez-vous estival, d’autres vous faisaient-ils rigoler ? ».

« J’ai toujours eu, çà c’est sûr,  les yeux de Chimène pour mon frangin Camille, de treize ans mon ainé. Jean-Louis Conan c’était la classe à l’état pur et quel tempérament ! J’ai admiré la fluidité du coup de pédale de Dominique Tulo, la compétition cycliste paraissait si facile en le regardant ! Pour faire le pitre, mon ami Roland Thomin remportait la palme d’or avec brio ! ».

« Avec un métier si tentant pour faire des écarts de régime, surveillez-vous votre ligne? ». Le sculptural Pluguffanais, ce surfeur confirmé qui aurait pu jouer le rôle du sauveteur Sean Monroe dans le feuilleton Américain « Alerte à Malibu » souligna avec une grande fierté :

« Pas du tout ! Je pèse 80 kg pour 1 m 82, mon poids de forme d’antan se situait à 76 kg, pas mal non ? Bon, petit Bonhomme, je vais te laisser, je cours demain à Mellac, les anciens ont besoin de sommeil. Au 15 aout, vieux soldat ! ».

Camille vainqueur de la Ronde en 1986, Cyrille en 2008, à Stevan (3ème en 2011) de jouer !

Alain Podeur membre du bureau de la Ronde

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