Rétrospectives

Olivier Rio enclenche le turbo

« Bonjour ! Le secrétaire de la Ronde Finistérienne à l’appareil ! Pourrais-je parler à Olivier, s’il vous plaît ? ». Après un « Ne quittez pas, je vais le chercher » prononcé par une aimable voix féminine, j’eus l’ancien champion du VS Quimpérois au bout du fil. Une seconde après lui avoir présenté l’affaire, Olivier me répondit à la vitesse d’un bolide lancé sur une autoroute :

« Bien sûr que je suis partant ! Très bonne idée ! Tiens, c’est marrant, moi aussi j’aurai 40 ans cette année ».

« Merci, Olivier ! C’est sympa  d’accepter l’invitation ». Poussé par un brin de curiosité, je le questionnais «  Mais qu’êtes-vous devenu depuis votre arrêt définitif de la compétition ? ».

« Je suis garagiste, tu passes devant quand tu conduis une des bagnoles de la Ronde pour venir ici, à Briec, le jour de l’étape ». Je n’ai pas osé lui avouer que je ne savais pas conduire et, surtout, ne lui répétez pas ! Soyez sympas les Mecs ! ».

« Votre carrière a été jalonnée de nombreuses victoires, pouvez-vous me donner un chiffre ? ».

« Entre 80 et 100 » répliqua le plus simplement du monde la « Ferrari de Briec » qui enchaîna « Et je garde un souvenir ému de ma 1ère place à la Loire Atlantique Espoirs en 1993, j’avais 20 ans. Mon succès, ici dans ma commune, en 1995, m’avait procuré également une joie intense ».

« Voyons si votre mémoire ne vous fait pas défaut, mon grand garçon ! En quelle année avez-vous gagné la Ronde ? ». Le futur quadragénaire enclencha illico la cinquième pour me dire : 

« Alors, là, tu ne m’auras pas ! C’était en 2004 devant Jacques Kerneis et Fabrice Guianvarc’h. J’avais endossé le maillot jaune dés la 3ème étape à Tréflez pour ne plus m’en séparer jusqu’à la Finale de Ploumoguer. A propos de cette tunique désignant le leader de l’Epreuve, devine depuis quand je ne l’avais pas portée ? Tu ne sais pas ? Eh bien, moi je vais te le dire ! Depuis 1993 ! ».

« Qui vous a impressionné durant toutes ces années passées sur la Ronde ? ». « Allo, Olivier, vous êtes là ? ».

« Oui, oui, Alain ! J’hésite, je réfléchis ! Allez, je citerai Jackez Lamour pour son charisme, son tempérament de battant, sa pêche et je garde un bon souvenir de Jean-Paul Pailler, Président de la Ronde à cette époque-là ».

« Etiez-vous mauvais perdant en compétition ? ». La réponse jaillit, tel un moteur qui démarre :

« C’est aux autres coureurs de donner leur opinion ! ».

« Vous pesez-vous régulièrement pour contrôler votre poids ? ».

« Inutile, Petit ! Je fais peu de vélo certes mais je pratique la course à pied avec assiduité. Il va falloir pourtant que je ressorte la bécane pour faire du fractionné avant le rendez-vous du 15 aout à Plounéour-Trez ! ».

« Trainiez-vous après les épreuves, mon cher Olivier ? » glissais-je malicieusement.

« Ouais ! J’ai été un adepte de la troisième mi-temps à un certain moment et, à chaque fois, mes potes me demandaient de chanter cet éternel refrain « La bielle de Briec a l’essieu de velours/La bielle de Briec, j’la soigne avec amour… ». Ils me considéraient comme le Luis Mariano du patelin !  Salut Alain et à très bientôt ! ».

Alain Podeur membre du bureau de la Ronde

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