Rétrospectives

Philippe Vaillant le bien nommé

« Salut Alain, c’est Philippe ! Excuse-moi, j’étais en réunion, un collègue m’a dit de te rappeler, je suis à la maison ».

« Les retraités, comme moi, se croient tout permis, vous savez ! Ils oublient, bien souvent, qu’il y a des gens qui bossent, pardonnez-moi ! Je vous demande simplement de m’accorder quelques minutes ». Quand j’eus terminé, l’ancien coureur au cœur si…vaillant s’exclama, au comble de l’excitation :

« Alors là ! Certainement ! Tu me verras à Plounéour-Trez le 15 aout et dans ton pays, qui plus est ! Cela me permettra de renouer avec le monde du vélo que j’ai un peu «  perdu de vue », comme disait jadis Jacques Pradel ».

« Votre grandeur d’âme est à la hauteur de votre haute stature, mon bon Philippe, et votre réponse positive ne me surprend pas le moins du monde. Au fait, une question me titille, qu’est devenu le Champion cycliste d’antan ? ».

« J’exerce la profession de policier au commissariat de Morlaix et j’habite à Berrien, dans ces superbes Monts d’Arrée ». La chanson apprise à ma petite-fille me revint aussitôt en mémoire et je ne pus m’empêcher de la fredonner, en sourdine bien sûr pour ne pas froisser l’ancien chef de file de l’EC Landerneau, 40 victoires à son compteur « Quand un gendarme rit/Dans la gendarmerie/Tous les gendarmes rient/Dans la gendarmerie ».

« Un appel à votre mémoire si vous le voulez bien ! Combien de victoires d’étapes sur la Ronde ? ».

« Quatre, je pense, dont deux à Saint-Jacques en 1996 et 2003, une à Pleyben en 1997 et la dernière à Langolen en 1999 » récita sans la moindre erreur le brillant vainqueur de la Ronde 1997.

« Vous êtes inscrit à tout jamais sur le livre d’or de cette superbe Epreuve créée par Yves Scaon en 1963, quelques mots, je vous prie, sur l’Edition 1997 ».

« En m’imposant sur la 4ème étape de Pleyben devant Laurent Jaffré et l’Anglais Paul Moore, je revêtais le maillot jaune que je conservais jusqu’à la 8ème épreuve à Guipavas, théâtre de la Finale. Je peux même rajouter qu’au général, le podium était complété par Laurent Jaffré et Hervé Bellec ! ».

« Je m’incline devant votre prodigieuse mémoire, mon enfant ! Un petit aparté sur les coureurs, peut-être ? ».

« J’admirais ces fameux guerriers qu’étaient Jean-Louis Conan, Dominique Le Bon, Eric Jacob et bien d’autres, il fallait jouer fin pour déjouer leur vigilance ! Mais s’il y en a un qui aura toujours occupé une place à part dans mon livre de souvenirs, c’est bien Jackez Lamour ! Toujours blagueur avant et après la course, la crème des mecs, quoi ! ».

« Votre poids est-il devenu une obsession chez vous, mon garçon ? ».

« Un petit peu quand même ! » rigola Philippe qui continua, anecdotes savoureuses à l’appui « Comme j’avais pris quelques bourrelets, 88 kg pour 1,86m, je pratiquais la course à pied et mon temps de 35’ sur le Taulé-Morlaix 2011, je le jugeais honorable. J’avais promis à un pote qui n’arrêtait pas de me charrier que je ferai mieux cette année. Hélas, dans la foulée, permets-moi l’expression, j’ai chopé, tu vas rigoler,…la coqueluche ! Cocorico, si je puis dire ! Je viens à peine de m’en remettre ! ». Quant à mon vélo, il est en…arrêt maladie dans le garage ! Je lui ai retiré le câble de dérailleur arrière pour dépanner mon tracteur-tondeuse. Mais il sera fin prêt pour le rendez-vous du 15 aout, rassure-toi. Ma dernière sortie à vélo remonte au mois d’aout de l’an dernier, je m’étais arrêté à Saint-Jacques pour saluer mon ami Gilbert Grall, l’organisateur hors pair de mon circuit fétiche. Une chanson est même dédiée à ce parcours exceptionnel, Gilbert me l’a apprise ! Comment çà, tu ne la connais pas ? Bouge pas, bouge pas, écoute, juste le refrain « J’aime Saint-Jacques, sa côte du Béchec/Sa chapelle et son grand Pardon/Où j’attends, le gosier bien sec/L’troisième tour de la procession ». Le Pavarotti de Berrien a dû faire trembler l’antenne, là-bas, en haut du Roc !

Alain Podeur membre du bureau de la Ronde

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